Rencontre avec le maire de Salon

Nous avons rencontré le maire de Salon, M. Nicolas Isnard, le vendredi 27 mai 2016. Etaient présents : des propriétaires concernés, le CIQ et l’association de défense de la Crau Verte. Notre entretien a été cordial et fait d'une écoute mutuelle.

Le maire a présenté un argumentaire basé sur les arguments suivants : D'un côté un aménageur ayant un projet ambitieux (de très nombreux emplois) et utile pour Salon, de l'autre des demandes ou éléments contradictoires qu'il reçoit : Intérêt des terres ou pas ? Faisabilité de construire en zone Natura 2000 ou pas ? Contrainte de la nappe phréatique ou pas ? Agriculteurs vendeurs ou pas ?

C'est pourquoi M. Isnard a demandé une étude de faisabilité à un bureau d'études connu de la mairie, financé par l'aménageur.

 

Nous avons répliqué qu'il appartient aux pouvoirs publics de défendre l'intérêt général ainsi que les plus faibles :

- Tous les agriculteurs ou presque pourraient vendre si l'on vient à multiplier par 10 le prix des terres. Il appartient aux services publics de sauvegarder les terres agricoles pour des jeunes agriculteurs qui ne demandent qu'à s'installer. Nous sommes ici sur des terres riches, arrosées, ensoleillées exploitées en foin de Crau depuis 400 ans, éloignées du centre ville, situées en plaine de Crau : Ces terres doivent être conservées intactes.

- Natura 2000 : Les terres de la Crau verte sont concernées par les 2 zones de Natura 2000, pour la défense de l'habitat et pour la défense des oiseaux. Là aussi il y a contre sens : Le rôle de la mairie n'est pas d'analyser la faisabilité juridique de sortir d'une législation. Il appartient au pouvoir public de défendre coute que coute des zones qui sont des joyaux Européens !

- Création d'emplois : Nous sommes tous concernés par cet argument et nous soutenons les initiatives pouvant aider nos grandes entreprises mais pas n'importe où ! Les sociétés industrielles qui se développent doivent en priorité s'installer sur les friches laissées par d'autres industriels. L'industrie en France est en décroissance depuis 30 ans, il n'y a aucune raison de continuer à étendre les zones d'activités au détriment des agriculteurs. Ce n'est pas parce qu'on aura détruit 60 ha de terres agricoles que l'on aura aidé nos industriels. Nous proposons de soutenir la démarche mais en proposant des zones alternatives disponibles et qui existent bel et bien.

- Enfin nous avons soulevé une différence politique fondamentale : Les signataires de notre pétition soulèvent tous le besoin de produire localement, employer les agriculteurs localement, acheter les produits locaux. La construction de zones de stockage facilitent le transport et l'importation mais ne créent aucune valeur. La destruction des terres de foin de Crau détruirait un outil de travail dont la production s'exporte (Référence au foin de Crau première coupe utilisée pour les chevaux de course).

De nombreux autres points ont été abordés comme la nappe phréatique, le symbole que représente Adam de Crapone pour Salon, la proximité immédiate du domaine du Merle avec son école de bergers, le développement économique par le tourisme rural, etc.

Pas d'autre conclusion que ce décalage entre une vue d'opportunité liée à un modèle devenu obsolete ("Salon doit se développer quelque part !") pour la mairie et un point de vue plus global prenant en compte tous les aspects de l'économie régionale, la réutilisation des friches industrielles disponibles, le maintien de l'activité agricole et la préservation d'un joyau Européen qu'est la Crau Verte.

Nous avons remis une pétition faite de presque 3000 signatures (2865 pour être exact). Nous avons promis de nous revoir.

 

 



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