La Provence évoque notre combat

Article de la Provence - 12 mai 2016

Pris de court. C'est ainsi que se sont retrouvés les membres de l'association environnementale La Crau verte, le 10 mars dernier, lors du comité d'intérêt de quartier de Bel-Air.

L'air de rien, expliquent-ils, le maire, Nicolas Isnard, a signalé que la Ville avait été sollicitée par un grand groupe pour une zone d'activités à la Crau, et que c'était la marque elle-même qui allait réaliser l'étude de faisabilité. "Le maire a laissé échapper le nom de L'Oréal, mais info ou intox ?", se questionne Catherine Ponçon, trésorière de l'association, et agricultrice spécialisée dans le bio.

L'info n'a pas provoqué de tollé. "Certains ont réagi, mais timidement, car tout le monde a été surpris", explique Catherine Ponçon. Alors tout de suite après cette réunion, les membres de l'association ont écrit au maire. Pas de réponse. "On nous a dit qu'il n'avait pas reçu notre lettre. Alors on a réécrit". Aucune nouvelle non plus.

Ils arrivent à obtenir peu d'informations, mais la perspective de voir s'installer des bâtiments industriels sur une zone de 60 hectares, qui va du rond-point de Total au rond-point du Merle, et qui est constituée aujourd'hui de prairie naturelle ne les réjouit pas du tout : "C'est un trésor, c'est la seule région de France où on a du foin AOC, rien n'est semé ici.

Il nourrit les chevaux de course de Dubaï ce foin ! On récolte quatre fois par an et cela a pris plusieurs centaines d'années, depuis Craponne, pour avoir un sol arable et cet écosystème. Si on gratte un peu, on a du tuf, c'est du béton naturel, alors si on y touche, on aura de la roche dont on ne peut plus rien faire", explique Georges Mercier, adhérent de l'association.

Du coup, ils ont lancé une pétition, en ligne, sur leur site internet www.crauverte.fr et aussi sur papier. A ce jour, 1500 personnes ont déjà signé.

Cinq exploitants agricoles possèdent les terrains concernés et pour le moment, selon la Crau verte, ils ne veulent ou ne peuvent pas vendre car liés avec la Safer (organisme qui gère les terres agricoles).

"Mais si ces terrains prennent de la valeur, ils peuvent passer de 2,5  à 12  du m2, qui dit que certains ne seront pas intéressés pour vendre ? C'est tentant si on raisonne à titre individuel et qu'onne pense pas à notre descendance", note Catherine Ponçon, du haut de ses 27 ans.

Et de raconter, avec amertume, comment la première zone d'activités, celle qui se trouve du côté de l'hippodrome, a été créée : "Dans les années 80, Coca-Cola a voulu venir s'installer, ils ont créé un forage, aujourd'hui utilisé par la mairie.

Ils ont eu quatre hectares de terrain pour un franc symbolique. Et puis ils ont renoncé, ils ont créé une société civile immobilière et ils ont revendu le terrain en petites parcelles pour construire des pavillons...".

Alors ils voudraient des informations claires : "60 hectares, ça ne peut pas être que pour L'Oréal. Ils ne seront pas seuls. On nous parle de milliers d'emplois, de millions d'euros de taxes (c'est l'élu à l'environnement Pierre Piève qui a écrit cela sur son compte Facebook, voir par ailleurs), j'aimerais un comptage précis", s'agace Georges Mercier.

Et Catherine Ponçon d'ajouter : "Nous, sur un seul hectare, on est huit personnes à travailler, pourront-ils en dire autant ?".

Nul doute qu'une rencontre avec le premier magistrat qui dit y être ouvert (voir ci-dessous) semble souhaitable...

Catherine Ponçon signale à ceux qui ont des pétitions papier qu'ils peuvent les ramener dans sa boîte aux lettres, chemin de la Cabane.

 



Réagir


CAPTCHA